Accord de Paris sur le climat : le recul des USA

Alors que le président américain a une nouvelle fois repoussé sa décision quant au fait de rester ou non dans l’accord de Paris, le président chinois a fait part de son intention de le « défendre » avec la France.

Partir avec fracas au risque de faire s’écrouler l’édifice ou rester en recherchant des ajustements ? Le président américain Donald Trump a du mal à trancher sur l’accord de Paris sur le climat.

Pendant sa campagne, le candidat Trump martelait vouloir mettre fin à la « guerre contre le charbon », et avait promis d' »annuler » cet accord conclu fin 2015 dans la capitale française par plus de 190 pays. Mais depuis son installation à la Maison Blanche, il a envoyé des signaux contradictoires, reflets des courants contraires qui traversent son administration sur la question climatique mais aussi, au-delà, sur le rôle des Etats-Unis dans le monde et leur rapport au multilatéralisme.

Le report d’une réunion à la Maison Blanche sur de l’accord de Paris

Une réunion prévue mardi 9 mai 2017 à la Maison Blanche pour discuter d’une éventuelle sortie des Etats-Unis de ce texte emblématique a été reportée. C’est la deuxième fois que le rendez-vous est annulé. La Maison Blanche n’a pas annoncé de date pour une nouvelle réunion mais a promis qu’elle qu’elle fera connaître sa position avant le sommet du G7, les 26 et 27 mai prochain en Italie.

Le patron de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), Scott Pruitt, un climatosceptique nommé à ce poste par l’administration Trump le dit ouvertement : il est favorable à une sortie de l’accord. « Nous devons en sortir. C’est un mauvais accord pour l’Amérique », affirmait-il mi-avril, déplorant (de manière erronée) que la Chine et l’Inde n’aient « aucune obligation d’ici 2030 ». Le secrétaire à l’Energie, Rick Perry est lui favorable à un maintien dans l’accord, tout comme le secrétaire d’Etat Rex Tillerson, ancien PDG du géant pétrolier ExxonMobil. Le monde des affaires est, dans l’ensemble, sur la même ligne. Une douzaine de grands groupes, parmi lesquels le pétrolier BP, le géant de l’agrochimie DuPont, ou encore Google, Intel, Microsoft, ont pressé Donald Trump de ne pas en sortir.

Défendre les accord de Paris

Plutôt discret depuis son départ de la Maison Blanche, Barack Obama a fait mardi un retour remarqué en s’exprimant précisément sur le climat, qui fut l’une des priorités de ses deux mandats. « Il est important que les grands pays qui sont de grands émetteurs (de gaz à effets de serre) montrent la voie », a-t-il lancé depuis Milan, dans un message aussi clair que possible à son successeur. L’autre grand émetteur de CO2 est la Chine, qui adopte une approche pragmatique et sans atermoiements.

Le président chinois Xi Jinping a contacté mardi 9 mai 2017 le nouveau président français Emmanuel Macron afin de lui signifier son intention de « défendre » l’accord de Paris sur le climat. La Chine et la France « doivent maintenir leur communication et leur coordination sur les questions internationales et régionales (…) ainsi que défendre les acquis de la gouvernance mondiale, dont l’accord de Paris sur le climat », a souligné Xi Jinping, cité par la télévision étatique CCTV. Le président chinois avait déjà félicité lundi Emmanuel Macron pour son élection, assurant que Paris et Pékin partageaient « une responsabilité importante envers la paix et le développement dans le monde ». « La Chine se tient prête à travailler avec la France afin de faire progresser le partenariat stratégique franco-chinois à un niveau supérieur », avait déclaré Xi Jinping dans ce message rapporté par le ministère chinois des Affaires étrangères.

Les deux hommes se sont par ailleurs mis d’accord pour « se rencontrer le plus tôt possible », selon la télévision chinoise. Emmanuel Macron a déjà convenu avec Donald Trump d’un entretien le 25 mai en marge d’un sommet de l’Otan à Bruxelles.