Sécurité routière et cannabis : bientôt la généralisation des tests salivaires

Le slogan est clair  : «  Fumer du cannabis, c’est illégal. Sur la route, ça peut être fatal  ». Une nouvelle campagne contre la drogue au volant vient d’être lancée par la Sécurité routière, avec comme mesure phare, la prochaine généralisation de tests salivaires de dépistage plus fiables.

Ces tests, déjà expérimentés dans 11 départements, seront disponibles «  d’ici la fin d’année, au plus tard début 2017  », a affirmé le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe. Ils permettent de détecter cannabis, cocaïne et dérivés (crack), amphétamines (ecstasy) et opiacés (morphine, héroïne).

Avec cette campagne (spots radio, film d’animation et dépliant BD) axée sur le cannabis, de loin la drogue la plus consommée, et ces nouveaux kits salivaires, «  le but est de sensibiliser aux dangers de la consommation avec la conduite et de passer un message clair  : les choses vont changer parce qu’on pourra contrôler plus facilement  », a déclaré Emmanuel Barbe, qui s’attend à «  une explosion  » des cas positifs.

58 247 délits pour usage de stupéfiants en 2015

En 2015, 58 247 délits pour usage de stupéfiants ont été constatés sur 118.476 dépistages réalisés. Au lieu de devoir emmener un conducteur positif pour une prise de sang de confirmation, les forces de l’ordre prendront les sanctions nécessaires en cas de test positif. Un deuxième prélèvement de salive sera ensuite envoyé en laboratoire pour analyses. «  Dans 99 % des cas, le premier test est confirmé en laboratoire  », selon Emmanuel Barbe.

L’usage de stupéfiant à l’origine de 23 % des tués sur les routes en 2015

En 2015, 23 % des tués sur les routes l’ont été dans un accident impliquant un conducteur ayant consommé au moins un produit stupéfiant. La moitié des conducteurs positifs aux stupéfiants dépassent aussi l’alcoolémie autorisée, combinaison qui multiplie par 23 le risque d’accident.

Ce problème touche particulièrement les jeunes. Chez les 18-24 ans, 23 % des conducteurs contrôlés dans des accidents mortels étaient positifs à au moins un stupéfiant (13 % en moyenne sur l’ensemble de la population). Dans 94 % des cas, il s’agit d’hommes.