Chantiers STX : la France envisagerait une nationalisation temporaire

L’Etat pourrait avoir recours à une nationalisation temporaire des chantiers navals avant de revendre la majorité du capital à des investisseurs jugés plus satisfaisants que le concurrent italien Fincantieri, seul repreneur déclaré.

Le dossier STX France va-t-il finalement passer la case nationalisation ? Un tel plan B, alors que le propriétaire sur-coréen des chantiers navals de Saint-Nazaire négocie la cession avec le groupe italien Fincantieri, revient sur la table, croit savoir le journal Le Monde.

« Le projet consisterait à nationaliser transitoirement le site historique où travaillent plus de 7.000 salariés et sous-traitants. Après être monté à 100% du capital, l’État revendrait rapidement une majorité des titres à des investisseurs jugés plus satisfaisants que Fincantieri », précise le journal, qui ajoute que « c’est l’ultime grand dossier industriel de François Hollande ». Selon le quotidien, deux investisseurs « ont fait acte de candidature : les armateurs italo-suisse MSC et américano-norvégien Royal­Caribbean, les grands clients de Saint-Nazaire ».

Un seul repreneur déclaré

Fincantieri, seul candidat à avoir déposé une offre pour reprendre les chantiers STX France de Saint-Nazaire, s’est dit « confiant dans la validité de son projet », en soulignant que les négociations avec le gouvernement français étaient toujours en cours. Information confirmée à l’AFP par une source proche du dossier pour qui « iI n’y a rien de nouveau. Cette clause (permettant une nationalisation transitoire, ndlr) est à la disposition de l’État français depuis le début”.

L’État, qui détient 33% de STX France, dispose d’une minorité de blocage lui permettant de peser sur le choix du repreneur. Il souhaite que Fincantieri ne soit pas majoritaire à lui seul dans STX, et des discussions sont en cours depuis plusieurs semaines autour de cette opération. Pour Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée Force Ouvrière STX à Saint-Nazaire, cette nationalisation transitoire « sera une bonne nouvelle le jour où on nous annoncera : le gouvernement nationalise purement et simplement les chantiers ».

Rome a dénoncé en février « l’attitude inacceptable » de Paris, qui pose ses conditions sur l’actionnariat de STX, et a jugé début mars « extravagant » que Fincantieri ne puisse acquérir plus de 50% de STX France. A trois semaines du premier tour de l’élection présidentielle, ce dossier très politique va-t-il connaître une accélération ?