La grève des contrôleurs aériens paralyse le trafic

L’Unsa a déposé un préavis de grève de lundi à vendredi. Le syndicat estime que ses propositions d’organisation du temps de travail ne sont pas prises en compte par l’Aviation civile, dont il dénonce le « dogmatisme ».

Le trafic aérien risque d’être perturbé cette semaine en raison d’une grève des contrôleurs aériens initiée par le syndicat Unsa. Le troisième syndicat, qui rassemble environ 20% des quelque 4.000 aiguilleurs du ciel au niveau national, a déposé un préavis de grève de lundi 6 mars à vendredi 10 mars pour les centres de Brest et Bordeaux, et un autre de mardi 7 mars à jeudi 9 mars pour celui d’Aix-en-Provence.

La Direction générale de l’Aviation civile (DGAC prévoyait vendredi que « 25% des vols qui traversent ou desservent le sud de la France seront impactés au cours de la semaine, 33% pour l’ouest ». Par conséquent, les vols « en provenance et à destination » de Roissy, Orly, Beauvais et les « aéroports du sud et de l’ouest » seront « notamment concernés. »

Environ 20% des liaisons intérieures d’Air France devraient être affectées, ainsi qu’un millier de vols à l’échelle de l’Europe d’ici vendredi. Selon la DGAC, environ 300 vols seront annulés lundi dans l’ouest et le sud de la France, soit 28% des vols survolant ces régions, rapporte Le Figaro. Par ailleurs, selon l’association Airlines for Europe (A4E), qui regroupe une quinzaine de compagnies aériennes, cette grève pourrait entraîner « plus de 1.000 annulations de vols et de sérieux retards ».

36 vols annulés à Roissy

Conformément aux prédictions de la DGAC, à Orly, « 25% » des vols en provenance ou à destination du sud et de l’ouest du pays devaient être annulés. À Roissy, selon une première estimation établie en début de matinée, trente-six vols devaient être annulés sur l’ensemble de la journée, sur un total de « 1.000 et quelques vols », a précisé une source aéroportuaire. Il n’y a pas eu d’annulation à chaud et « aucun retard significatif » constaté, a-t-elle ajouté.

Le temps de travail en question

Les revendications de l’Unsa, syndicat minoritaire, portent sur l’organisation du temps de travail dans ces centres. Il estime que ses propositions d’organisation du temps de travail ne sont pas prises en compte par l’Aviation civile, dont il dénonce le « dogmatisme ». « On est désolés de devoir se battre pour l’application du protocole d’accord signé en 2016 », a expliqué vendredi 3 mars à l’AFP son porte-parole Laurent Bertin. Ce protocole, signé en juin 2016 avec le SNCTA et l’Unsa, apportait des garanties pour stopper les baisses d’effectifs et prévoyait de renégocier localement le cadre social et indemnitaire pour gagner en performance et notamment permettre de mieux répondre aux pics d’activité l’été.

L’Unsa indique avoir fourni des « contre-projets » de répartition du temps de travail permettant de maintenir le principe de 6 jours travaillés sur 12 dans les trois centres. Interrogée, la DGAC fait valoir que les centres de contrôle de Reims et Roissy ont adopté le rythme de « 7 sur 12 », et qu’une adaptation similaire est prévue à Nice en mai.