Le Royaume-Uni sommé de « solder ses comptes » avant son départ de l’UE

Le négociateur en chef de l’UE souhaite que le Royaume-Uni paye pour « solder ses comptes » et honorer ses engagements avant que quitter définitivement l’Union européenne. La Commission estime le montant compris entre 55 et 60 milliards d’euros.

Le Royaume-Uni devra accepter de s’acquitter des sommes qu’il doit à l’Union européenne avant de pouvoir négocier avec Bruxelles un accord commercial post-Brexit, a prévenu ce mercredi le négociateur en chef de l’UE Michel Barnier. « Je vais être clair : quand un pays quitte l’Union européenne il n’y a pas de punition, pas de prix à payer, mais nous devons solder les comptes, ni plus ni moins », a-t-il affirmé à Bruxelles, dans un discours devant le Comité des régions, qui regroupe des représentants locaux et régionaux de l’UE.

Il a souligné que le départ du Royaume-Uni faisait peser des incertitudes sur des programmes en cours de financement par le budget européen, comme le Fonds social européen (90 milliards d’euros), le Fonds européen de développement régional (près de 200 milliards d’euros) et le Plan d’investissement Juncker (près de 315 milliards d’euros). « Nous ne demanderons pas aux Britanniques de payer un seul euro pour des choses sur lesquelles ils n’ont pas donné leur accord en tant qu’État membre », a assuré Michel Barnier, qui s’exprimait publiquement pour la première fois depuis novembre.

Entre 55 et 60 milliards d’euros à verser

Aucun chiffre officiel n’a été rendu public, mais selon un haut responsable européen, la Commission a évalué à entre 55 et 60 milliards d’euros le montant que le Royaume-Uni devra verser pour honorer l’ensemble de ses engagements. Le discours de Michel Barnier intervient deux jours après l’annonce de la date du 29 mars, retenue par la Première ministre britannique Theresa May pour déclencher officiellement auprès de l’UE l’article 50, qui va permettre le lancer les négociations sur la séparation entre les deux parties.
Michel Barnier a insisté sur son souhait de « mettre les choses dans l’ordre ».

« Trouver d’abord un accord sur les principes d’un retrait ordonné du Royaume-Uni, pour discuter ensuite, en confiance, de notre future relation », a-t-il expliqué. « Ce nouveau partenariat, il n’est pas trop tôt pour en esquisser les contours aujourd’hui, même s’il est trop tôt pour le négocier. Au centre de ce partenariat, il y aura l’accord de libre-échange que nous négocierons, le moment venu, avec le Royaume-Uni », a-t-il précisé. « Notre intention est de bien réussir cette négociation. Nous serons fermes, sans être naïfs », a-t-il ajouté.