La loi impose désormais aux enfants de moins de 12 ans de porter un casque à vélo.

Il était jusqu’ici recommandé, il est désormais obligatoire. La loi impose aux enfants de moins de 12 ans de porter un casque à vélo. La mesure avait été annoncée en octobre 2015 lors d’un Conseil interministériel de sécurité routière. Une personne transportant ou accompagnant un enfant de moins de 12 ans sans casque à vélo devra s’acquitter d’une amende de quatrième classe (90 euros).

Les effets protecteurs du casque sont reconnus. Selon la Sécurité routière, il diminue le risque de blessure sérieuse à la tête de 70 %, celui de blessure mineure de 31 % et celui de blessure au visage de 28 %.

Le casque est obligatoire dans 12 pays de l’Union européenne. En Finlande, il est imposé à tout âge, jusqu’à 18 ans en République tchèque et Lituanie, jusqu’à 16 ans en Espagne, Croatie et Estonie ou jusqu’à 15 ans en Suède, Slovaquie et Slovénie.

Une mesure à valeur pédagogique

«  Il s’agit d’attirer l’attention de tous à travers une mesure qui est facile à accepter  », explique le délégué interministériel à la sécurité routière Emmanuel Barbe. «  C’est une mesure douce, qui a aussi une valeur pédagogique envers les parents  », précise-t-il  : «  si un parent n’en met pas, l’enfant va demander « Pourquoi tu ne mets pas de casque ? ». On veut passer le message par la voix des enfants.  »

En France, les cyclistes ont vu leur mortalité repartir à la hausse en 2016, alors que 159 cyclistes ont été tués sur les routes (10 de plus qu’en 2015, +7 %). Et dans un mois de février 2017 exceptionnellement clément (203 tués sur les routes), le moins meurtrier depuis mars 2013, la mortalité des cyclistes, elle, est restée orientée à la hausse (+14 % par rapport à février 2016).

«  Un non-sens  »

Pourtant, cette mesure n’est «  pas la plus pertinente  », estime la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB). «  On n’est pas contre mais espérer que ça va changer la sécurité routière du cycliste, c’est un non-sens  », affirme son président Olivier Schneider, en rappelant qu’un seul enfant de moins de 12 ans est mort à vélo l’an dernier.

«  Une véritable mesure de sécurité routière serait de systématiser l’apprentissage de la mobilité vélo à l’école primaire, pour savoir faire du vélo sur la voie publique […]. Ce n’est pas parce qu’on porte un casque qu’on va savoir éviter les accidents  », estime-t-il. «  Et ça envoie le signal que faire du vélo est dangereux. Si on impose le casque aux cyclistes, pourquoi ne pas l’imposer aux passagers de voiture et aux gens qui prennent les escaliers ? Il y a 400 personnes qui tombent chaque année dans les escaliers et ont des traumatismes crâniens aigus  », ironise-t-il.